Migration des baleines

Baleines à bosse en train de « chanter »

LA MIGRATION DES BALEINES A BOSSE(de juillet à septembre)

À l'île Sainte-Marie, au mois de juin, l'alizé du Sud est déjà bien installé.
Les premières baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) longent en direction du Nord ses côtes orientales et occidentales. Sont-elles des échappées? En avance sur la grande migration qui amène les grands Léviathans d'un des stocks de l'hémisphère Sud à revenir chaque année dans les eaux malgaches pour y donner la vie et s'accoupler, ce sont peut-être aussi des individus qui n'ont pas migré et qui viennent en avance pour retrouver leurs congénères qui arrivent des hautes latitudes antarctiques (65° Sud).
C'est la bosse située en avant et à la base de l'aileron dorsal qui vaut à l'espèce son nom de baleine à bosse et non ses protubérances arrondies disposées sur trois rangées au niveau du museau, l'une médiane et les deux autres latérales ou ses nombreux tubercules situés sur la mâchoire inférieure et une grosse verrucosité parfois subdivisée en nodosités distinctes dans la région du menton. De plus, lorsque l'animal sonde, l'enroulement du corps qui le propulse vers le fond accentue encore cet effet de bosse. On emploie également le terme de mégaptère étant donné la longueur des nageoires pectorales qui ressemblent sous l'eau ou lors des sauts à de véritables ailes (mega grand et pteron aile).
Enfin le terme de jubarte du vieux français gibbar est utilisé et se rapproche de gibbeux qui signifie qui porte une bosse. Les grandes baleines sont là : 15 m en moyenne pour 25 à 40 tonnes. Le spectacle peut commencer. Souffles, déroulements et enroulements de bosses, jeux de nageoires pectorales, ballets de caudales mais aussi sauts qui libèrent totalement le monstre marin de son élément liquide et qui propulse son museau à 10 m en hauteur ! Les mégaptères sont les plus joueurs des grands balénoptères.
Qui oubliera ce souffle puissant après l'avoir entendu pour la première fois à la remontée de cette masse imposante qui allie puissance, grâce et souplesse ? Ce souffle de vie explosif, ce défi permanent du mammifère à l'élément liquide qui nous rappelle que les baleines respirent avec des poumons et qu'elles donnent naissance à un nouveau-né, la plupart du temps unique, qui sort du ventre de sa mère identique à celle-ci et non pas d'un oeuf. Ce bébé tète le lait très gras produit par deux mamelles situées de part et d'autre de la fente génitale au tiers postérieur et sur la face ventrale du corps.
Les baleines viennent en effet dans les eaux malgaches pour mettre bas et s'accoupler. Les premières à arriver lors de la migration vers le Nord sont les femelles accompagnées des jeunes, nés l'année précédente vraisemblablement dans les mêmes eaux ou les eaux avoisinantes; bien que la fidélité au site de reproduction soit moins forte que la fidélité au site de nourrissage. Puis viennent les immatures, ceux qui ne se reproduisent pas mais viennent quand même pour le "fun", la découverte. Vous me direz que c'est un périple vachement fatigant surtout pour les vieux et là, pas de « carte Vermeil » ni un jeune pour te refiler sa place dans le bus, il faut pédaler un max : 6 000 bornes, ce n'est pas triste même dotés de battoirs de 4 m de long, d'un propulseur de 4 m d'envergure et aidé par la force d'Archimède. Ensuite arrivent avec une quinzaine de jours de retard, les mâles reproducteurs, puis les femelles en repos de cycle. Enfin, les grosses mères en fin de gestation qui viennent se délivrer de leur fardeau providentiel. Dans le canal de Sainte-Marie et la baie d'Antongil, mais vraisemblablement sur toute la côte de Madagascar, les baleineaux naissent pour la plupart durant la première quinzaine d'août. Les premiers sont vus fin juillet début août. Bien qu'en 1996, nous ayons été surpris de voir les premiers baleineaux nouveau-nés le 15 juillet. Grâce à la photo identification, chaque baleine est connue, identifiée et répertoriée.

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